Layla Tov - blog nocturne

06 juin 2009

Les très riches heures de cette nuit

a)

Je suis dans un bâtiment avec Copain, il fait nuit, la luminosité est belle car on voit en face l'autre bâtiment aux fenêtres éclairées. C'est un grand immeuble circulaire, il y a peut-être une piscine bien bleue au milieu mais rien n'est sûr. Ça fait penser à un hôtel de vacances de La Grande-Motte. Un garçon nous observe, il s'appelle Nico, il est vêtu d'un manteau médiéval marron et c'est un type que Copain et moi avons rencontré à une soirée. Nous l'avons trouvé pénible, prétentieux, rigide, à la fois sociable et gentil mais se trouvant très intelligent et cultivé. Un boulet qui se prend au sérieux, quoi. Et là il sourit. Il me veut du mal sans doute, Copain est inquiet. Nico voudrait me suivre.

b)

Le rêve s'enchaîne dans une sorte de forêt très belle, à la lumière étrange (une lumière que je retrouve souvent dans mes rêves et qui est superbe: il fait nuit, on le sait, le ciel est marine mais on y voit quasi comme en plein jour) et je suis d'un coup très grande, je vais greffer une belle branche de poirier coupée à un autre arbre. Il me suffit de mettre un point de super glu et hop, avec mon doigt, j'applique. Il y a autre chose que je colle, du papier, je ne sais plus pourquoi. Tout ça est extrêmement poétique.

c)

Dans un magasin de sport, des jeunes filles russes (belles, blondes, queues de cheval) revendent des chaussures de sport à 30€ alors que les mêmes sont vendues dans le magasin à 180; elles refilent leur mauvaise came à l'intérieur même du truc, tolérées par la vendeuse, une fausse blonde à mèches (et queue de cheval aussi). Elles sont assises par terre. Je suis tentée mais je me dis que la contrefaçon finance le trafic de prostitution et d'armes, donc je n'y touche pas. Copain veut m'offrir un cadeau d'anniversaire (largement passé), et y'a ma mère dans le vague. C'est moi qui dois choisir seule mon cadeau, il n'est pas là; je lui demande alors combien il compte y mettre; il me répond, 100€, ça va. Compte tenu de ses finances à lui, je trouve ça exagéré, je m'oriente donc vers un truc moins cher. Il aimerait m'offrir des chaussures de sport mais j'en ai déjà; un ensemble survet alors, pantalon+sweat; c'est un espèce de truc bleu marine, coupe des années 80, complètrement immonde. Ça ne me dit rien alors je vois une penderie avec des shorts et me dis que je n'en ai pas, la plupart sont longs et en jean. J'opte pour un short qui fait aventurière, beige, puis je fonce la couleur en marron pour que ça aile mieux avec mes grandes bottes noires. Je suis très contente. Dans la réalité non plus je n'ai pas de short, du coup ça me donne bien envie de m'en prendre un, c'est sympa un short, pi c'est sexy et vu que c'est à la mode, ça choque pas. Juste avant, j'étais vêtue d'un cycliste à fleurs que je portais en été quand j'avais 11-12 ans, et d'un T-shirt moins affreux mais pas terrible non plus.

d)

Je suis dans une sorte de cantine. Je suis assise à côté de MF, ma meilleure amie de primaire. Elle a des seins étonamment gros (elle a toujours été très plate) et s'emmitoufle dans une couverture qu'elle ajuste constamment. Elle me parle de M.,[ un gars qui m'a plu en vrai] dont L. et une autre fille inconnue (mais que dans le rêve je connais) sont amoureuses. On évoque le problème de la copine de M. qui est très moche, il faudrait en parler à M., qu'il se trouve une fille mieux que celle-là.

e)

Une fillette châtain est vêtue comme moi au rêve d'avant (cycliste+T-shirt). Elle fait du vélo, tombe et se scratche méchamment la jambe gauche. Il est temps pour moi de prouver que j'aime/sais faire des pansements, puisque le sujet a été abordé, dans la réalité, dans mon dernier oral, où je disais que j'aimais bien faire des pansements et m'occuper physiquement des gens. Comme toute sa jambe est scratchée il faut la laver, on va dans une salle de bain, elle se déshabille pour se laver complètement et j'essaie de la mettre dans le bain, je suis moi-même déshabillée car je dois la tenir pour ne pas qu'elle tombe et en me trouvant dans le bain je serai donc aussi arrosée; elle ne tient pas seule, moi non plus, j'ai peur qu'on se noie ou se casse quelque chose contre la baignoire. Je n'y parviens pas, je glisse, j'ai très peur de tomber, mais le contact qu'on a ne nous dérange pas même si ce n'est pas ma fille, et malgré le fait que je suis souvent gênée d'avoir des contacts nue avec des gens autres que Copain, ou certaines personnes bien ciblées. Là je ne suis pas gênée, elle non plus. Devant l'échec de la laver dans la baignoire, je l'assois par terre, je vais procéder au lavage de la jambe qui risque de s'infecter. J'étends une serviette blanche pour qu'elle soit plus confortable mais elle refuse de s'asseoir dessus, elle est gênée maintenant d'être nue alors qu'elle ne l'étais pas tout à l'heure, du coup ça me dérange aussi.

f)

Ça se passe dans une chaude campagne poussiéreuse, avec des pins. Il y a un spectacle médiéval qui se prépare, auquel je vais participer. Tout le long du rêve je porte sur moi un nouveau-né, le mien, il bouge très peu mais c'est normal, il est trop bébé; je l'aime beaucoup, je le garde bien sur moi. Il y a deux couples père-fille ukrainiens, dans deux voitures différentes, les filles ont 12 ans environ. L'un des couples est plutôt châtain et sympathique, l'autre plutôt blond, et le père, très brusque et chevelu, parle assez brutalement à sa fille, Manon (?). Celle-ci est très blonde, cheveux raides, yeux bleus, très jolie. Elle doit pousser la voiture de son père qui est rentré dans un arbre en reculant. Elle se prépare ensuite au spectacle en coulisses, ou plutôt elle attend, et elle est triste. Au milieu de la scène, une fille que je connais et n'aime pas, E., discute avec G., un garçon plutôt gentil mais pas très percutif dans la vie; ils parlent de stratégie et ça fait partie du spectacle. Je suis toujours avec mon bébé mais je trouve qu'il a changé; je sais pourquoi dans les gradins quand je l'y vois transformé en poupon. Ça me déplaît; alors, juste avant que le rêve se termine, je le rechange en vrai bébé, bien serré sur moi, paisible quoiqu'un peu anxieux (je crois qu'il a peur que je l'abandonne), et tout va bien, on est affectueux ensemble.

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04 mars 2009

Refonte

Hé bien voilà.
Ce blog est fini, du moins dans sa forme actuelle.

Lehitraot ancienne forme !

:o)

Je vais strictement le consacrer aux choses nocturnes.

Plus de racontage de life ici.

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24 février 2009

Joli rêve

Je me balance sur une gigantesque balançoire, ça me donne l'impression de voler.
Il fait beau comme aux printemps de mon enfance, c'est un beau temps tout à fait magique et merveilleux de naturel.
L'herbe est verte, le ciel bleu... Il y a un très grand et très bel arbre feuillu au premier plan, on voit la balançoire derrière.
Celle-ci est très belle, il y a des plantes grimpantes sur le portique qui dégoulinent d'une eau cristalline.
Et derrière la balançoire, un château-fort, une belle muraille.
Il y a un enfant juif, il vit avec sa famille dans une maison sur le même terrain que la balançoire, à côté d'un homme catholique qui donne des cours de catéchisme ; le petit enfant est très amoureux du prof et compte se convertir pour le voir plus souvent, par Amour.
C'est son premier amour.

Tout est beau, tranquille, doux, réellement lumineux. Chaque année, malgré le merveilleux de chaque saison, je me souviens que je suis née au printemps et son arrivée est l'une des plus belles choses que je connaisse. C'est tout bête, pas compliqué, l'humain n'a rien à voir là-dedans, ni les sentiments, ni la philosophie, ni la morale, ni RIEN. C'est juste BEAU.

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18 février 2009

Pompidou's Foundation 0 & 1

Voici une rubrique pour vous raconter, résumer ou autre mes aventures à la Fondation Pompidou. Il s'agit de rendre visite aux malades du service S. à l'hôpital H. (petites initiales subtiles pour préserver le secret de tout le monde). Les 3 premiers épisodes sont des séances de formation que j'ai effectuées accompagnées d'une madame plus expérimentée (bon pour la dernière, j'étais seule, elle faisait ses trucs dans son coin, si j'avais un souci quelconque je savais où la trouver) et sont numérotées de -2 à 0. L'épisode N°1, le dernier donc, date d'aujourd'hui même. Rien n'est exhaustif évidemment, je condense, trie, sélectionne allègrement. Les petites fleurs là, c'est parce que, aujourd'hui, pour la première fois depuis très longtemps, j'ai senti le Printemps. Peu. Pas puissant. Mais indéniable, sans ambiguïté... dans l'air. Joie sans mélange !

Printemps_japonais


Épisodes précédents (formation)

-2

. Un monsieur de 50 ans environ, atteint d'un cancer au poumon car il fut gros fumeur, et d'un autre, tout nouveau, au cerveau. Le gars commençait à aller mieux - il fut longtemps dépressif - et hop, revirement tragique... Aujourd'hui, son état l'attriste mais il n'est pas dépressif. La nouvelle lui fut annoncée par deux médecins connards qui ne se sont pas embarrassés de politesse, d'amabilité ou de toute autre ringardise du genre ; désormais il a peur de la souffrance, il ne veut plus souffrir, il a assez donné.  C'est tout le mal que je lui souhaite, mais est-ce qu'on peut avoir un cancer au cerveau sans souffrir ? C'est une vraie question, je l'ignore.

. Une dame de 45/50 ans, très handicapée, même si elle peut parler. Elle a une attitude blessée ; elle est, à la base, aide-soignante, ça doit lui faire drôle de se retrouver de l'autre côté, peut-être est-elle assez fière et déprimée par sa condition. Elle est exigeante avec le personnel mais le reconnaît. Surtout, ce qui frappe chez cette dame, c'est qu'elle est belle. Oh, pas belle comme quand on dit "elle a su garder la dignité dans la maladie bla bla bla", non, vraiment belle, et charismatique, elle a un beau visage, et un air très amer. Elle donne l'impression d'être très grande de taille. Elle m'a souri à moi personnellement, et spontanément, alors que ma formatrice lui parlait, et vu qu'elle n'est pas d'un tempérament franchement joyeux ou avenant, ça m'a fait plaisir ; c'était un sourire de belle grande dame à une petite fille.

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. Cette fois-ci, j'ai donné à manger à une madame atteinte d'Alzheimer. Son contact est déstabilisant. Elle parle très bien, mais dit n'importe quoi, et c'est surtout cet air étrange, ces émotions incompréhensibles qui passent dans le regard. Dégénérescence ? hé oui. Mais pas que. Il n'y a pas que de la perte pure et simple, ou alors la perte produit quelque chose de véritablement nouveau, qui n'existait pas avant. Faire preuve d'empathie avec de telles personnes est vertigineux. Le croirait-on ? Le soir (mon horaire) elle est calme, mais le matin elle frappe les infirmières, se débat, crie... Cette vieille dame si douce, mais qui vous dit avec un air terrifiant et amusé qu'elle pourrait renverser tout son repas par terre, et qu'on serait bien emmerdée. C'est l'absence totale de bien ou de mal qui déconcerte en fait, surtout une personne comme moi, éprise de Justice * poing levé *

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. Je commence mes visites par une dame pas très agréable, quoique pas méchante, mais je n'étais en cet instant pas dans les dispositions d'esprit pour supporter tant d'aigreur. En effet, ma formatrice m'a laissée faire les visites seule, pendant qu'elle en faisait d'autres de son côté, et celle-ci fut ma toutoute première. Dans l'urgence je n'eus le temps de m'armer que de condescendance, et la visite, quoique courte, fut fort désagréable ; au bout d'un moment la dame a eu envie de vomir, et m'a demandé de m'en aller pour que je ne la vois pas. Moi non plus j'aime pas qu'on me voit gerber. Mais c'est extrêmement désagréable de se sentir gênante, surtout quand c'est la première fois qu'on fait une visite et qu'on complexe précisément, depuis à peu près toute sa vie, avec la peur de déranger !

. Toujours condescendante (pas vraiment le temps de calculer quoi que ce soit), je me rends à mon chevet suivant. Un Africain de 60 ans, victime d'un AVC, fort accent. Aussitôt le cliché opère, je le vois pauvre, HLM, chômeuriste, etc. Il est docteur en économie, a travaillé dans le monde entier, est prof, impliqué dans les histoires de PVD. Hmph. www.ifeelstupidasthestupidgirlthatiam.com D'autant plus stupide que j'ai changé d'allure quand il m'a dit ça. Lamentable n'est-ce pas ! Je ne me suis pas beaucoup aimée alors, je dois bien le dire ! Mais on a parlé de voyages, ce fut intéressant.

. Mes entretiens se sont conclus avec la visite à O., une très belle JF de... mon âge ; assise sensuellement sur son lit, joli décolleté, sourire joyeux, allure sociable. Longue discussion agréable entre JF quoi, je suis trop sensible, moi pareil, ma mère m'a trop couvée, oui c'est clair, pi je suis sortie qu'avec des dépressifs, et bla et bla. Et sinon tu es là pourquoi si c'est pas indiscret ? Sclérose en plaques. Alors j'ai fait tels et tels examens... Oh moi pareil, j'avais des vertiges aussi, et des paresthésies ! Oui et moi aussi on m'a fait le test avec de l'eau de mer dans les oreilles, c'est affreux ce machin, j'ai pleuré ! ouais c'est clair hi hi ! Pi le docteur a évoqué très subtilement une "maladie démyélinisante" pour pas que je comprenne, mais en psycho on a vu ce que c'était la myéline, alors j'ai flippé. Mais bon en fait j'avais rien, c'était juste de l'anxiété, une forme de spasmophilie... [Mais toi tu n'as pas rien, et c'est une SEP, rock'n roll baby.]

Épisode N°1 (freestyle)

 

. Le monsieur handicapé : un homme totalement handicapé qui ne peut pas parler. C'était atrocement triste de sortir sans avoir rien pu lui communiquer. J'ai de la pex en "faire parler les gens", pas en "faire la conversation pour deux". Je prévoirai quelque chose pour lui, la prochaine fois, des trucs à lui dire, je sais pas... Je lui ai demandé s'il voulait que je lui lise quelque chose, ça ne lui disait rien. Je VAIS trouver quelque chose.

. La dame à l'infarctus : elle me parle pas mal, c'est une personne bavarde mais intéressante ; j'apprends assez rapidement qu'elle a été toute sa vie prof de danse classique au Conservatoire. On a naturellement parlé de danse. ce fut ma dernière visite, j'aurais pu poursuivre mais j'avais, égoïstement, envie d'en rester là, avec la sensation de soleil dans la chambre, d'images de danse, de villes, d'envie de me mettre au tango. Grand voyage dans une chambre, souvenirs physiques qui émergent... Et quand je suis sortie de l'hosto l'impression de printemps, que je n'avais pas discernée avant d'y entrer, était là.

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20 janvier 2009

Soupirs aux portes du néant

Juste avant de me lever, pile poil, aujourd'hui, j'ai rêvé qu'un garçon charmant me filait un rencard. Alors il faisait ça très bien, dans les règles de l'art de la séduction, en cohérence avec ce qui me semble en être de sa personne; ça se passait par le net (il faut dire qu'en ce moment je me connecte souvent), on s'écrivait de sympathiques messages, et il connaissait personnellement le responsable d'un restaurant très chic pour héberger notre rendez-vous. À 6h du matin. Car il partait travailler ensuite...

- La nuit d'avant j'ai aussi rêvé de restaurant classe. On y allait avec ma mère, mais la serveuse étant très snob et inélégante, on se regardait d'un air filou et on décidait de se casser vite fait, une fois qu'elle avait le dos tourné, après avoir pris la commande -

Juste avant, j'avais rêvé que je jouais dans un film sur le ski au début du siècle ; j'avais un problème, c'est que je ne voulais pas attacher mes skis de peur de me démettre des rotules puisque les skis anciens ne sont pas très sécurité. Rapport à La Montagne Magique sans doute... d'ailleurs, j'ai rêvé que je voulais faire ingénieur aussi, une nuit avant celle-là - le héros du livre est un personnage très intéressant, ingénieur, donc.

Surprises.

1. je suis visiblement plus marquée que je ne le croyais par ce qui m'arrive et que j'ingère en ce moment. Toute interprétation psychanalytique, surtout douteuse, surtout capilotractée, est bienvenue.

2. je me suis levée d'excellent poil, ça fait plaisir.

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16 janvier 2009

Du primat dramatique mais indiscutable de la forme sur le fond

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Elle serait presque un but en soi, mais indissociable des yeux à moins de devenir fou ou banal (c’est la même chose ici) ; subtile comme une belle voix, réhausse les pommettes, liquéfie le regard.

Les beaux gestes laissent des traces sensibles dans l’air ; reliquats volatils reliés, avec beaucoup de flou et de précision, aux fossettes.

« Aimer l’apparence nue et sans interprétation : ce que l’on aime alors est vraiment Dieu » dixit Simone Weil dans un des livres de ma vie.

C’est l’amour de la surface, du détail, le seul amour qui importe, lorsque la signification s’évapore au sens littéral du terme pour ne laisser en place qu’une chair complexe et riche, totalement purifiée de ce qui l’a ternie auparavant ; ainsi le sens mortifie quand la présence au monde injustifiée (exclusivement matérielle, volume et poids et textures) emplit le corps d’une vie sincère totale.

Ne surtout pas toucher: la connaissance est un suicide, une retombée soudaine, car mes yeux seuls peuvent absorber une telle abondance, comme un livre très bien écrit (paroles).

« Chez Amparo je désirais tout, même les dents ». C’est tiré d’un des livres de ma vie - un autre -, Le Pendule de Foucault. Je ne me souviens plus de la citation exacte.

[La conclusion de tout ça, tirée du même livre : le grand secret, c'est qu'il n'y a pas de secret.]

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26 décembre 2008

sur fond bleu nuit

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J'avais oublié la loi éternelle des points de non retour. J'avais oublié - si jamais j'y ai pensé un jour - que le soleil me fait mal aux yeux et que c'est pas par romantisme.
J'avais oublié que je suis une sorcière une vraie, pas dans l'acception jeteuse de sorts kitsch.
Mon âge, des marques sur le bras qui y seront encore dans 60 ans, la nostalgie sans objet mais bien réelle,
ce que la joie peut avoir de blessant - sans envie, sans jalousie -, une récente retombée d'adrénaline.


Je me rappelle de la Fête de la Nuit, la plus belle de l'année, c'était hier, c'était il y a 15 ans ;
début décembre,
avec mon frère on avait cartographié le plancher et les murs de l'étage où nos chambres étaient situées pour pouvoir le parcourir sans bruit le soir, alors que nos parents nous croyaient endormis, afin d'atteindre la cachette des cadeaux de Noël.
(C'était dans ma très vieille maison, d'où j'ai déménagé plusieurs fois depuis sans jamais retrouver nulle part le sentiment d'être chez moi.) Pourquoi ? Le frère avait 6 ans de plus que moi, ne croyait plus en grand-chose depuis longtemps. Pour moi ?

Toujours dans cette maison, 2-3 ans auparavant peut-être, un soir, ma maman va me coucher, m'emmène dans ma chambre et me dit de fermer les yeux, pour une surprise.
Elle éteint toutes les lumières et me dit que je peux ouvrir.
Je regarde, à mon niveau d'abord, 1m35, rien.
Pi je regarde au plafond :il était parsemé d'étoiles fluorescentes, j'étais dans le ciel.

En été, il n'y a que la nuit qui vaille le coup. Je les ai toujours vécues avec un détachement rêveur. Des bruits de fêtes et de musiques de variétoche, des concerts de vraie belle musique andine dehors, des gens qui draguent légers, des réunions informelles sur la plage.
Et l'été de mes 17 ans ; chez mes grands-parents paternels, en Ardèche, je lisais Fondation ; et je contemplai, la nuit venue, la piscine aux formes bizarres qui pouvait s'éclairer de l'intérieur.
Quelque part ailleurs en ville il y avait un bal, Alexandrie Alexandra, ce genre de trucs.
Quelque part ailleurs en regardant bien, de jolis vaisseaux circulaient avec à leur bord des gens qui portent des capes et s'occupent de sauver l'humanité. C'est tellement plus important.

Petite, mais pas tant que ça en réalité, je m'endormais en priant pour qu'au réveil se soit produit quelque chose.
N'importe quoi...
Un pendentif bizarre laissé sur ma commode, un objet qui aurait changé de place ostensiblement.
Jamais rien de tel ne s'est produit, mais c'est sans doute parce qu'il faisait déjà jour lorsque je me réveillais -
et que de toute façon, il ne peut rien se produire quand on se réveille, même à 5h,
même la nuit, se réveiller étant par essence un acte moche.
Peut-être que les voyageurs des failles spatio-temporelles se sont retrouvés dans ma chambre pendant que je dormais.
Auquel cas cette gravissime perturbation des lois les plus élémentaires de la réalité aura été corrigée illico presto par les autorités compétentes.
Des types ou des nanas venus de n'importe où m'ont peut-être vue dormir,
(heureusement je ne ronfle pas quand je dors, sauf exception,)
auquel cas ça les aura fait halluciner, mais ils auront pris ça pour un rêve peut-être avant d'être redirigés vers leur destination. Combien de temps auront-ils pu rester à me regarder, à regarder ma chambre ? Regarder par la fenêtre, plisser les yeux pour lire la tranche des livres de ma petite bibliothèque dans l'obscurité ? Le temps de mettre leur monde & leur quête en pause pour un instant étrange et fugace.

Oh mais ne croyez pas que c'est la solution de facilité, parce qu'il faut se les farcir, les scènes de cul dans les space opera.

Naturellement, mon premier pseudo sur mon premier chat fut Elentari, du nom de la Reine des Étoiles dans le Seigneur des Anneaux; j'ai discuté des heures, toujours nocturnes, sur un script à fond noir, police Courier New (un vrai truc de SF ha ha), pi les écritures multicolores qui défilent chargées d'intelligence ou de conneries ou de sentiments ou de nawak. Et puis chargées, une fois, de la Chanson de Toile* d'Émilie Simon.

Un beau réveillon du 31/12 : vautrage en micro-comité autour d'une énorme bougie qui se consume lentement dans un noir (presque, du coup) total. Je porte mon gros manteau en fausse fourrure qui tient chaud aux 2 copines à côté de moi, on n'y voit pas grand-chose, on dit des trucs chelous et on fait un canular ; je suis en seconde, soit la meilleure année de ma scolarité.

Les étoiles consolent doucement quand le Soleil vous emmerde, vous et vos problèmes de loser. Je me suis acheté il y a quelques années un petit bouquin d'Hubert Reeves, Poussière d'étoiles, et dedans y'a une image qui m'a marquée. On y voit le ciel noir, et des milliers de milliers d'étoiles. En bref : une photo du ciel tripante comme 100 autres photos du ciel tripantes. Sauf que non car, après lecture de la légende, on se rend compte que les points blancs qu'on prenait pour des étoiles sont autant de galaxies.

Tout ce qu'il peut y avoir de beau se joue sur fond bleu nuit, les rêves, l'écriture la plus inspirée, le sexe, les grandes célébrations saisonnières, la magie, le jeu de rôles, les voyages interstellaires, les soirées goth, les concerts de plein air. On en dit, des belles choses sur fond bleu nuit... de suite la lumière du jour rend moins intelligent, moins sensible, moins fin. On comprend tout de suite pourquoi quand on voit la nébuleuse de la Carène.

* je tisserai des chants / au soir et au levant / un point pour chaque étoile / chanson de toile. Know what I mean ?

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25 décembre 2008

noël

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Nativité, Georges de la Tour.

Je suis pas allée à la messe pour raisons techniques hier, mais je l'avoue, j'aurais aimé.
Ç'aurait pas été un bon plan, en fait.

[petit intermède historique sur ma vie, mon œuvre]

J'ai un problème avec la religion et tout irait bien si je m'en foutais, mais je ne m'en fous pas.

Après des années de cheminement intense (+-) j'ai fini par apprendre que ma religion, celle que je pratique, porte un nom, c'est de l'hérésie pure et simple. J'avoue aimer ça. Peu de gens peuvent se prétendre réellement hérétiques de nos jours, tant les questions sur le sujet ont évolué, tant tout est sujet à débats et controverses.

Entre laxisme, tolérance, degrés d'observance, fanatisme, hypocrisie... le choix ne manque pas, quand on croit en Quelque Chose, pour pouvoir se situer quelque part dans la religion.

MAIS on ne tire pas les runes quand on fait brûler des cierges dans les églises, et qu'on se revendique catholique. C'est sans ambiguïté aucune. Et pour avouer encore plus, pour avouer vraiment, non, ça me plaît pas. On ne va pas contre sa Nature, je n'en ai aucune intention ; mais j'aurais bien voulu que les choses soient moins chaotiques. Avoir précisément une Nature moins fantasque.

[fin de l'intermède]

Alors on m'aurait regardée bizarrement, sans doute parce que je me sens bizarre en compagnie de tous ces gens lisses et purs comme de bons paladins qui n'ont aucun problème avec leur Vraie Foi.

La plupart des gens qui me disent "avoir un problème avec la religion" font référence à l'hypocrisie, au fanatisme, à la bêtise des gens vraiment trop irrationnels (pour croire en de telles conneries...) et irresponsables (puisque tous les croyants sont des trous du cul immatures).

En sortant de la fac, une fois, une nana m'avait abordée en me demandant si j'étais croyante. Ouais, je lui fais. Elle me demande alors si je vais souvent à l'église, je lui dis jamais. Elle me demande alors (bis) si c'est le manque de joie qui me rebute et m'explique que dans son petit groupe de potes, ils se réunissent entre jeunes pour chanter à la gloire de Jésus.

YERK.

Ce qui me rebute ?

Les connards joyeux et pétés de thunes qui ont sauté les lignes où Jésus explique clairement qu'il est plus facile pour un chameau de passer à travers le trou d'une aiguille que pour un riche d'aller au Paradis. Et dont je fais partie, en comparaison des 90% des habitants de la Terre qui en ont moins que moi. Et ça me pose un vrai problème moral, pas que de principe. Et ce qui me pose encore plus problème c'est que j'ai pas le courage de me corriger vraiment*.

La petite pute qui me faisait des crasses odieuses en primaire et que j'ai revue, 15 ans plus tard, en train de prier au monastère à Pâques.

Les vieilles en fourrure qui ne voient pas le problème.

Les m/pères de famille heureux-ses et moralistes et vintage (pour pas dire ringard(e)s) qui n'ont jamais remarqué que Jésus, aux 3/4 à poil sur sa croix, dégage un érotisme glauque mais indéniable et que Mathieu Kassovitz dans Amen est l'une des 7 incarnations terrestres de la sexytude ; ce que la pureté peut avoir d'excitant.

Et j'ai l'impression que ça se lit sur mon front. Puisque je vous dis qu'ils me regardent bizarrement, tous.

Tout ça ne m'a jamais empêchée de Croire. Mais la communion avec les fidèles, avec ces gens-là, est quasi-impossible, et que dire de la musique moche ?

J'aurais encore beaucoup de choses à dire et ce serait de bonnes choses ; mais j'ai pas envie XD

Alors sans blague, Joyeux Noël, Jésus est né :-)

* vous vous doutez - ou si vous ne vous en doutez pas, je sais pas trop ce que vous foutez sur mon blog, très franchement - que c'est pas qu'une histoire de religion EVIDEMMENT.

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14 décembre 2008

album 2 - dimanche de décembre

Bon, je vais arrêter de prendre des photos les dimanches de mois qui se terminent en -embre, après on va croire que j'ai des habitudes. Là, c'est ma splendide et courageuse machine à coudre que j'ai mise à l'honneur. Elle assure comme pas deux, et en plus elle est très belle, et si je savais mixer j'enregistrerais son doux son de machine qui tourne bien.

Elle sait joindre l'agréable à l'extrêmement utile pour résumer la situation.

Je suis d'ailleurs en train de me faire un manteau en pied de poule qui ralentit après avoir avancé rapidement - je sais pas trop comment gérer les boutons en fait.

J'ai toujours adoré les machines, pour l'aspect visuel parce que niveau mécanique j'y connais rien, et là, en prenant des photos de ces petites choses métalliques, je me suis sentie réaliser un vieux rêve : rapetisser pour entrer dans les objets. Ça fait comme un gigantesque paysage, si je peux j'aurai une maison comme l'intérieur d'une machine à coudre, avec de grands zigouigouis en acier de partout, des chemins étranges, des étagères agencées bizarrement et des escaliers très tordus.

:o)

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11 décembre 2008

rien ne se perd...

Aujourd'hui, je devais aller à l'hosto pour dernier jour de formation à la Fondation.
Ma formatrice n'arrive pas, ainsi, après 3/4 d'heure d'attente, je me casse lâchement.
Passablement blasifiée.
Pour me remonter le moral - en fait il était pas bas mais bon j'avais envie - je vais me prendre une pizza au CROUS (elles sont très correctes et ne coûtent qu'un ticket).
La nana qui me sert, une parfaite inconnue, reçoit un coup de fil en préparant mon plateau, pi pleurant de joie m'annonce qu'elle vient d'avoir une bonne nouvelle : sa famille attendait les résultats d'examen de son père malade, et ceux-ci sont bons, pas de cancer, ils passeront de bonnes fêtes.
Ça m'a fait plaisir quoi ^^ les bonnes humeurs sont contagieuses.

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